Le vent, qui jusque-là s’était montré soigné dans ses murmures, changea dare-dare de comportement. Un matin, tandis que le ciel était d’un bleu limpide, le voile d’obsidienne demeura muet. Alondra attendit longtemps, fixe, les yeux fermés, la tête enveloppé dans le vacarme rugueux de la joyau. Aucun frisson ne glissa sur sa peau, aucun message ne traversa l'épreuve. Ce jour-là, elle ne répondit à aucune soumission de voyance par sms. Les signaux s’accumulaient sur sa ligne, mais elle refusait d’inventer. Sa voyance sms n’existait que dans la zèle au vent. Elle se rendit jusqu’au sommet de la colline voisine, là où les courants sont les plus droits. Le masque, solidement noué aux environs de elle, émettait une chaleur énigmatique, par exemple si la gemme s’était contractée. Elle s'aperçut que ce calme n’était pas une sollicitude, mais une longévité. Quelque chose, dans les courants, avait changé de nature. Les flux n’étaient plus porteurs de visions, mais de tensions sourdes, comme par exemple si une multitude de voix tentaient de s’imposer en accord. Le masque n’offrait plus de réponse : il retenait de multiples fragments changés. Le destin, les souffles revinrent, mais altérés. Les sons ne formaient plus de phrases précises. Ce n’étaient plus des visions, mais des échos brisés, comme si le vent offrait des mots laissés de côté en chemin. Les messagers reçus pour la voyance par sms augmentaient, et les gens attendaient des explications. Alondra démarra à détecter que certaines voix semblaient étrangères au rythme diversifié des vents. Il y avait des tonalités plus métalliques, des frottements secs, des souffles désaccordés. La voyance sms qu’elle avait incomparablement traitée avec sérénité risquait de devenir un canal atteint. Elle choisit de ne répondre qu’aux symboles qui déclenchaient une réaction immédiate du masque, laissant de côté les autres. Elle sentait que l’air lui-même, assez souvent, hésitait. Les courants semblaient testés, filtrés, à savoir si une envie extérieure cherchait à interférer. Le masque résistait, mais vibrait plus lourdement, comme s’il portait un poids futuriste. Alondra se rendit compte qu’écouter ne suffisait plus. Il on peut désormais savoir à séparer. Et dans le cœur même du vent, elle se mit à ameuter les voix peuple, celles qui, nonobstant les dissonances, continuaient de souffler le efficace.
